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mardi 20 mars 2007

L'ECOLO ET LA SEGO

Avec six candidats au total, il y a un gros risque de dispersion des voix à gauche lors du premier tour de l’élection présidentielle. La candidate socialiste à donc lancé un appel aux Verts.
Ils peuvent se retrouver sur mon programme», explique-t-elle, jugeant qu’on «ne peut pas avoir de doutes sur [son] engagement écologiste». «Ce n'aurait pas été indigne de me soutenir dès le premier tour», estime-t-elle encore, avouant qu’elle a «approché José Bové et Dominique Voynet» pour souligner «les éléments de convergence des projets».
Le figaro, 20 mars 2007.

Seulement voilà...


Illustration faite par Granville (1803-1847)
pour une édition des fables de La Fontaine.
"Le Corbeau et le Renard"

Jean de La Fontaine (1621-1695)


Maître Ecolo, sur un arbre perché,
Tenait en son bec des parts de sondage.
Maître Ségo, par l'odeur alléchée,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur l’écolo.
Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ce parti."
A ces mots l’ Ecolo ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber ses voix.
La Ségo s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien quelques points dans les sondages, sans doute. "
L’Ecolo, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.


... Cette fable est bien trop connue !


lundi 19 mars 2007

LE PACTE DE SEGOLETTE

Jean de La Fontaine (1621-1695)


Ségolette sur sa tête ayant un pacte d’idées
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à l’Elysée.
Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple, et souliers plats.
Notre présidentiable ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son pacte, en employait les points de sondage,
formait un gouvernement, faisait triple projet ;
La chose allait à bien par son soin diligent.
Il m'est, disait-elle, facile,
D'élever des partisans autour de ma maison :
Le Sarko sera bien habile,
S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porcinet à s'engraisser coûtera peu de son ;
Il était quand je l'eus de grosseur raisonnable :
J'aurai le revendant de l'argent bel et bon.
Et qui m'empêchera de mettre à Matignon,
Vu le prix dont il est, un éléphant ou son petit,
Que je verrai sauter au milieu du parti ?
Ségolette là-dessus saute aussi, transportée.
Le pacte tombe ; adieu éléphants, partisans, cochon, projet ;
La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri
Sa fortune ainsi répandue,
Va s'excuser à son mari
En grand danger d'être battue aux élections.
Le récit en farce en fut fait ;
On l'appela le Pacte de Ségolette.

***

DIGRESSION

Je réagis aux commentaires laissés sur le blog Digressif de Néodyme, pour son article abstraction internationale sur http://neodyme35.blogspot.com/. Je vous conseille vivement son blog.

Déesse des bobos pour les uns, diablesse au visage d'ange pour les autres, Madame Royal, par son image et son approche de la politique ne laisse personne indifférent.
En deux ans elle a renouvelé le marketing politique avec ses débats, renforcé l'image et la notoriété de son parti. Pourtant l'affaire n'était pas mince. Les sondages l'attestent, son discours séduit ! Certains voient même au travers de ses bourdes (tribunaux chinois, Défense française, Québec etc.) une subtile stratégie de communication pour se rapprocher du peuple : l'erreur est le lot commun, je suis comme vous, donc proche de vous.
Ce qui passe pour incompétence n'est-il pas finalement chez Ségolène Royal la manifestation d'une intelligence supérieure ? Son ramage se rapporte t-il à son plumage ?

Ségolène Royal

Les faits le montrent, l’actualité aussi : la femme politique, pourvue qu’elle soit belle, n’a pas besoin d’être intelligente. D’ailleurs, pour peu qu’elle soit moche, elle a encore moins besoin d’être intelligente. Dans ces cas elle peut prétendre participer aux élections présidentielles.
A ce sujet je citerai la célèbre conversation qu’il y eut entre Ségolène, et François, la veille de leur noce de concubinage, à table.
« François, dit Marie Ségolène, ne souffrez-vous point que l’on vous donne pour concubine si pauvrette damoiselle ? Car point jolie ne suis et non plus par l’esprit ne brille.
_ Madame, répondit François, c’est très bien ainsi. Car si il y a un truc qui ne va pas avec le boudin, c’est bien la cervelle. »
***